Ouverture des frontières: conséquences économiques

Supposons un modèle économique simplifié du monde, avec des régions riches à forte productivité et hauts salaires, et des régions pauvres à faible productivité et bas salaires.

Ouvrez les frontières.

À cause de la différence de salaires, les prolétaires des régions pauvres vont migrer vers les régions riches. À cause de la concurrence accrue entre les prolétaires des régions riches, les salaires vont temporairement diminuer, de sorte que, à production égale, plus de marchandises vont être produite sous forme de capital industriel, et moins sous forme de biens de consommation. Ce nouveau capital industriel va être mis en production, augmentant la demande de main d’oeuvre pour le faire fonctionner. Le rapport de l’offre et la demande de main d’oeuvre retourne à son niveau antérieur, et les salaires aussi. La production a augmenté.

Dans les régions pauvres, c’est le contraire: l’émigration du prolétariat provoque une diminution relative de l’offre de main d’oeuvre, donc une diminution de la concurrence, donc une augmentation des salaires. Ainsi, à production égale, une plus grande partie de la production est consacrée à la production de biens de consommation, et moins à la production de capital industriel. Le capital des industries les moins avancées, qui ne pouvaient fonctionner que grâce à une main d’oeuvre abondante et bon marché, n’est pas renouvelé, de sorte qu’il est progressivement mis à l’arrêt. La demande de main d’oeuvre diminue, le rapport de l’offre et de la demande de main d’oeuvre retourne à son niveau antérieur et les salaires aussi. La production a diminué.

Quel est le résultat global de tous ces mouvements? Une unité de production à productivité élevée a été ajoutée et une unité de production à faible productivité a été supprimée. Par conséquent, la production et la productivité globales ont augmenté. Une unité de prolétaires bénéficiant d’un salaire élevé a été ajoutée et une unité de prolétaires bénéficiant d’un bas salaire a été retranchée. Par conséquent, le salaire global a augmenté.

Autre facteur essentiel contribuant à la hausse des salaires et de la productivité mondiales: la nouvelle unité de production mise en oeuvre dans les régions riches bénéficie des dernières avancées technologiques, et est donc la plus productive de la région. Par conséquent, la productivité régionale est augmentée, et à la fin de la période d’immigration, à taux d’exploitation égal, le salaire va augmenter au-dessus du niveau qu’il avait auparavant.

Inversement, l’ancienne unité de production mise à l’arrêt dans la région pauvre est la plus obsolète et la moins productive de cette région. Par conséquent, la productivité régionale est aussi augmentée, et à la fin de la période d’émigration, à taux d’exploitation égal, le salaire va diminuer mais à un niveau supérieur à celui qu’il avait auparavant.

En tout état de cause, à la fin des migrations, les salaires augmentent dans les régions pauvres et riches.

On peut prendre le problème dans n’importe quel sens: plus la différence de productivité est élevée entre les régions riches et les régions pauvres, plus le gain de productivité, de production et de salaires est important, malgré une diminution temporaire des salaires dans les régions riches. Malgré les déséquilibres temporaires, l’ouverture des frontières pour répartir la main d’oeuvre en fonction de l’offre et de la demande réelles de l’industrie mondiale est la solution économique optimale.

L’ouverture des frontières est absolument essentielle, non pour des raisons humanitaires, mais pour des raisons économiques et politiques: augmentation de la production, de la productivité, des salaires et de la concentration du prolétariat; égalisation des salaires à l’échelle mondiale, diminution du temps de travail et union internationale effective du prolétariat pour la révolution.

Introduction à l’économie affective

Résumé

Les relations humaines sont des relations commerciales. On satisfait les besoins affectifs comme on satisfait les besoins matériels : par les échanges. Offre et demande affectives sont les deux pôles du marché affectif. L’accumulation du capital affectif à un pôle et de la misère affective à l’autre pôle est le résultat et la cause de l’exploitation affective, ou salariat psychique. La solitude est le chômage affectif.

L’exclusivité en matière affective n’est que le pendant de la propriété privée exclusive. Toute exclusivité implique qu’il y ait des exclus. Aucun agent économique des relations affectives ne se préoccupe de la collectivité comme d’un ensemble, mais est occupé à monter des pyramides et à faire rouler ses concurrents sur les côtés.

Chacun cherche à maximiser ses profits affectifs, en constituant de solides plates-formes sur la pyramide des relations sociales. Ces plates-formes sont notamment l’emploi, le mariage et la filiation. Qui veut préserver sa place doit préserver la hiérarchie dans ces institutions.

(La vie humaine est divisée en deux parties : privée et publique. La richesse affective consiste à accumuler une riche vie privée et une riche vie publique. La pauvreté affective est exactement le contraire, et la misère affective consiste à ne pas avoir de vie privée et seulement une vie publique (ou l’inverse). Pas de vie privée égale rien à échanger, juste la charité, ne pas avoir de valeur affective. N’avoir ni vie privée ni vie publique signifie la mort affective.)

Les échanges affectifs ne sont pas aléatoires mais fortement structurés. La production affective dépend totalement des échanges affectives. Une rupture en un point de la circulation affective se répercute dans toute la chaîne de production affective, pouvant engendrer une crise des échanges sociaux, ou une crise individuelle. C’est pourquoi il y a une telle résistance au moindre changement social, qui remettrait en cause la structure des échanges affectifs.

La plus grande menace pour les échanges affectifs sont l’empathie et la sollicitude non-conditionnelle.

« Vint enfin un temps où tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devint objet d’échange, de trafic et pouvait s’aliéner. C’est le temps où les choses mêmes qui jusqu’alors étaient communiquées, mais jamais échangées; données mais jamais vendues; acquises, mais jamais achetées – vertu, amour, opinion, science, conscience, etc., – où tout enfin passa dans le commerce. C’est le temps de la corruption générale, de la vénalité universelle, ou, pour parler en termes d’économie politique, le temps où toute chose, morale ou physique, étant devenue valeur vénale, est portée au marché pour être appréciée à sa plus juste valeur. »

Karl Marx, Misère de la philosophie, troisième et dernière puissance de la valeur vénale.

Économie

Un paradigme social

(Cette section met en évidence la possibilité d’appliquer la théorie économique de Marx à la sociologie. Elle utilise quelques notions marxistes. Elle n’est pas indispensable à la compréhension de l’économie affective, et elle peut être sautée sans danger par certains lecteurs.)

Selon Marx, la société capitaliste n’est pas un ensemble de rapports des hommes aux choses, mais un ensemble de rapports des hommes entre eux, médiatisés par les choses.

Marx va jusqu’à dire que le Capital n’est pas une chose, mais un rapport social qu’il identifie au salariat. De même, la valeur n’est pas une qualité propre de la marchandise (chose), mais un attribut de l’échange (rapport) : la valeur est la puissance de l’échange, ou l’échange en puissance. Le sophisme qui consiste à identifier les rapports sociaux aux choses s’appelle la « réification » ; et il conduit à une perversion : le fétichisme.

« le capital est un rapport social entre personnes, lequel rapport s’établit par l’intermédiaire des choses »

Le Capital, ch. 33.

« Le capital est non un objet, mais un rapport social de la production, adéquat à une forme historiquement déterminée de la société et représenté par un objet, auquel il communique un caractère social spécifique. »

Le Capital, ch. 47.

« C’est seulement un rapport social déterminé des hommes entre eux qui revêt ici pour eux la forme fantastique d’un rapport des choses entre elles (1). […] C’est ce qu’on peut nommer le fétichisme attaché aux produits du travail, dès qu’ils se présentent comme des marchandises, fétichisme inséparable de ce mode de production. » (Je souligne.)

Le Capital, ch. 4.

(1) Il s’agit du rapport de valeur des marchandises entre elles.

« Dans cette simplicité, ce rapport [le capital] met en relief la personnification des objets et la réification des personnes. »

Un chapitre inédit du Capital.

Chez Marx, le “capital” a au moins trois acceptions différentes : il désigne la chose, le rapport ou l’agent (le capitaliste). Dès lors qu’il désigne la chose, il est les moyens de production, si c’est le rapport, il est salariat, enfin s’il est l’agent, il explicite la réification humaine de la classe bourgeoise. Cette triple acception du terme doit être comprise comme un ensemble afin de bien saisir l’unité du concept.

Que la valeur soit l’échange en puissance (soit un rapport social), c’est ce qui découle du premier chapitre du Capital (Les deux facteurs de la marchandise). En effet l’échange est ce qui distingue la marchandise de tout autre produit sous des régimes de production différents. La notion philosophique de “puissance” est associée à un grand nombre de concepts marxistes. Par exemple la force de travail est le travail en puissance, l’argent est la valeur en puissance (2) (il s’agit donc d’une puissance de puissance), l’utilité (ou “valeur d’usage”, maudite soit cette obscure expression !) est l’usage en puissance.

(2) L’argent n’a pas de valeur propre puisqu’il ne renferme par de travail et n’a d’autre utilité que sociale, mais il représente une certaine quantité de valeur hors de lui-même : il est contre-valeur. cf : Le Capital, Ch. 3 : “Le papier-monnaie est signe d’or ou signe de monnaie.” “[…] l’or peut être remplacé par des choses sans valeur, par de simples signes.”

Le paradigme social appliqué à la sociologie

Si certains rapports bourgeois sont extrêmement médiatisés, comme le Capital, d’autre le sont beaucoup moins à tel point que le média matériel n’apparaît pas comme la forme essentielle du rapport. Dans le cas de l’enseignement scolaire par exemple, la force de travail se manifeste comme l’impression directe d’un être humain sur les autres, à travers la parole – les autres médias matériels (chaises, tables, bureau, etc.) ne participent à la relation qu’à titre subordonné.

Si la parole est une marchandise qui peut s’échanger contre l’argent, elle peut tout autant être échangée contre d’autres marchandises directement, puisque l’argent n’est que le média de la circulation universelle des valeurs. En particulier, la parole peut s’échanger contre la parole, et le comportement contre le comportement.

Dans un groupe social, les individus se polarisent les uns par rapport aux autres pour échanger des affects (3), médiatisés par des comportements et des discussions. Progressivement les échanges s’organisent à travers une structure dont la cohérence globale est plus importante que les échanges individuels. Ainsi ceux qui ne participent pas à la structure de l’échange sont exclus.

(3) “Terme repris en psychanalyse de la terminologie psychologique allemande et connotant tout état affectif, pénible ou agréable, vague ou qualifié, qu’il se présente sous la forme d’une décharge massive ou comme tonalité générale. Selon Freud, toute pulsion s’exprime dans les deux registres de l’affect et de la représentation. L’affect est l’expression qualitative de la quantité d’énergie pulsionnelle et de ses variations.” (le Vocabulaire de la psychanalyse de Laplanche et Pontalis) Nous non plus ne séparons pas quantité de qualité (ce qui est une abstraction) et nous considérons toujours les affects avec une quantité déterminée d’énergie psychique.

Les affects sont les matières premières de la personnalité, et la personnalité est le capital des relations sociales. Si vous avez une personnalité forte et bien intégrée dans le réseau social, vous pouvez intervenir en tant que capitaliste sur le marché affectif. Vous accumulez une certaine quantité d’affects de toute part et de diverses qualités, que vous transformez en affects de valeur supérieure. Vous pouvez en garder une partie pour accroître votre personnalité et échanger le reste afin de poursuivre l’accumulation.

Inversement, si votre personnalité est faible et peu intégrée, vous ne pouvez pas directement produire d’affects dont la valeur soit supérieure à celle que vous avez achetée. Vous devez donc vendre votre force affective à des gens dotés d’une personnalité plus forte que la vôtre, et ainsi récolter votre salaire. Vous êtes dépendant affectivement, vous vivez à travers la personnalité de l’autre.

Si votre personnalité est plus faible encore, si vous ne produisez pas d’affects qui intéressent les autres, vous pouvez néanmoins recevoir les déchets affectifs de la société (haine, hostilité, mépris). Vous pourrez alors tenter de les recycler. Mais le résultat habituel est que vous vous remplissez d’ordures que vous êtes incapables de métaboliser, et que vous vomissez.

Comme tous les groupes sociaux sont interconnectés à un degré quelconque, on observe des flux d’accumulation généraux à travers une macrostructure englobant toute la société. On peut ainsi observer des flux montants, qui tendent à la concentration en haut de la pyramide sociale, et des flux descendants qui tendent à la dispersion par en bas. Les flux montants ont une valeur positive (comme des marchandises normales), tandis que les flux descendants ont une valeur négative (comme les déchets). On peut observer la circulation générale de ces affects en étudiant l’idéologie (le développement du nazisme, par exemple).

Déchets affectifs

Les déchets sont des marchandises spéciales dont la valeur est négative. Ils ont en effet des caractéristiques opposées aux marchandises normales : ils sont nuisibles et coûtent du travail pour atteindre une nuisance/utilité nulle et une valeur nulle. Comme le capital agit comme foyer de concentration de valeur positive, il agit inversement comme source de dispersion de valeur négative, de déchets.

La destinée des déchets est de se transformer en pollution affective ou en armes.

Armes affectives

Les armes sont encore des marchandises spéciales. Leur valeur est positive, mais leur effet est destructif (destructeur de valeur). Au repos, leur utilité est nulle.

Mars 2013.

Comment interdire la psychiatrie ?

Comment un état révolutionnaire interdirait la psychiatrie ?

Premièrement, tous les budgets consacrés à la psychiatrie doivent être coupés. Par le contrôle des banques et des assurances, l’état met fin à tout transfert de fonds en direction des établissements psychiatriques et des psychiatres, au paiement des salaires et aux remboursements des traitements psychiatriques.

La consommation de stupéfiants psychiatriques est interdite. Des kits de sevrage sont mis à disposition dans les pharmacies, mais leur distribution est étroitement contrôlée par l’état, leurs utilisateurs surveillés, afin d’empêcher toute résurgence de la toxicomanie légale. La durée maximale du sevrage est fixée à un an pour 90 % de la population, 2 ans pour les 10 % restants. Un sevrage trop rapide (< 3 semaines) est potentiellement dangereux, mais un sevrage trop long (> 2 ans) est manifestement la poursuite de la toxicomanie.

Les psychiatres et le personnel psychiatrique sont priés de quitter leurs locaux professionnels. En cas de grève, ils doivent être réprimés violemment. Les manifestations pro-psychiatriques sont interdites.

Les psychiatres, le personnel psychiatrique, et en général toute personne ayant participé de près ou de loin à la psychiatrie, sont inculpés de trafic de drogues, enlèvements et séquestrations, actes de torture, mutilations et meurtres. L’impunité des fonctionnaires est abolie. Les fonctionnaires sont jugés personnellement responsables de leurs actes, comme s’ils les avaient accomplis à titre privé. Le caractère « officiel » et « légal », de la psychiatrie doit être considéré comme une circonstance aggravante, donnant lieu à des peines plus sévères. La défense Nuremberg ne sera pas tolérée !

Purger les sadiques, les alcooliques et les fascistes des écoles de médecine

En France, les étudiants de médecines s’adonnent à des orgies sanglantes et pornographiques, afin de resserrer les liens de la corporation.

Ayant fini par alerter la presse en septembre 2016 « pour que ça ne se reproduise pas une année de plus » sur le lieu du week-end d’intégration, explique-t-il, Philippe le décrit ainsi : « ça ne dure pas plus d’heure et demie. Les “troisième année” déguisés soumettent les P2 à une série “d’ateliers” physiques ou non, toujours trashs. En 2015 il était question par exemple de lécher des têtes de veau ou de cerf morts, de patauger dans une espèce de piscine avec des poumons d’agneau et autres, d’être aspergé de sang animal, de bouses de vache, d’urine, etc. ».

Comment le bizutage à la fac de médecine de Créteil a été annulé, Le Monde, 2016.

Week-end d’intégration des P2 – 2015 DR (Source: Le Monde)

Mais dans la catégorie des actions qui rapportent gros (entre 40 et 50 points [pour être bien vu de la corporation]), on trouve : « Donner une fessée à trois inconnu(e)s dans la rue en criant « t’aimes bien ça coquiiiiiiine »», « photocopier ses seins à la Corpo », « faire un Jacquie et Michel » [réaliser un film pornographique] ou encore de « se faire bifler par Rosy avec son gode ». Ledit Rosy, selon le Monde, est un salarié de la Corpo d’une cinquantaine d’années, se présentant comme « un artiste explorant les rituels étudiants ». Le quotidien, qui a eu accès au dossier, décrit aussi des soirées d’intégration durant lesquelles « les plus chauds doivent ramper dans la merde, les tripes ou les viscères de poisson et manger de la pâtée pour chien » ou encore « s’échanger un poisson rouge vivant en s’embrassant, le dernier de la chaîne devant l’avaler ».

En fac de médecine, de l’« intégration » à l’« humiliation », 2017, Libération.
Week-end d’intégration des P2 – 2015 DR (Source: Le Monde)

Maxime*, un étudiant en troisième année de dentaire, se souvient d’un « trashage » : « Pendant quinze minutes, chaque équipe se lance des projectiles dessus. Ça peut être des poches de sang, des poumons de bœuf, des excréments… » Audrey*, ex-étudiante de médecine à Nice, se rappelle que ses collègues « se vomissaient volontairement dessus » en soirée pour « rigoler ».

Deux médecins qui ont terminé leurs études dans les années 1990 évoquent les traditions de la salle de garde, qui font office de « défouloir » pour les internes sous pression. « On faisait parfois venir des cars remplis de prostituées », se rappelle le premier. Le second, devenu psychanalyste, explique qu’il y avait « tout un code à respecter sous peine d’être puni ». Cette volonté de faire corps par des pratiques connues des seuls initiés pourrait n’être qu’un rituel carabin inoffensif. Sauf qu’il se souvient aussi « avoir reçu des menaces de mort pour non-respect des règles ».

En médecine, l’omerta sur le bizutage, 2017, Le Point.

[les étudiants de médecine] proposent à nouveau de renouveler le thème antisémite en l’appelant ‘bob Auschwitz 2019’ (bob désignant le week-end d’intégration, ndlr), ‘bob-rafle 2019’, ‘bob [nom de famille d’une étudiante Juive] 2019’, ‘beau juif et boboche’, ‘les nazis contre les juifs’, avec une photo d’un étudiant juif brûlant dans les flammes », détaille la jeune femme, soutenue par son avocat Me Antonin Péchard. Certains messages classent les juifs de la promotion, avec un chiffre et un commentaire : « juif niveau 31, impliqué mais capacité à traîner avec des goyes », « juive niveau 75, prestige 4, prête à tout pour sa commu[nauté] », « niveau 2, il sait qu’il y a une fête qui s’appelle Shabbat ».

Une étudiante porte plainte pour injures antisémites à la fac de médecine de Paris 13, 2018, Europe 1.

G. Fonda et A. Bourbon (2018) ont étudié la prévalence de l’alcoolisme, de la toxicomanie, des traitements psychiatriques et des agressions sexuelles chez les étudiants de médecines en France. À travers les chiffres froids de la statistique, les auteurs lèvent le voile sur l’état avancé de décomposition des universités françaises, en particulier chez les étudiants psychiatres :

A national sample of 2165 interns (302 interns in psychiatry and 1863 in other specialties) were included in the present study.

Interns in psychiatry were found to have increased rates of tobacco smoking, cannabis use disorder, alcohol use disorder, increased rates of antidepressant and anxiolytic consumption, increased psychotherapic follow-up and decreased self-reported vitality.

They reported to have been more frequently exposed to sexual and physical assault during their medical studies.

They reported also to have more frequently experienced illicit drugs during their medical studies, and to seek more frequently anxiolytic and/or sedative and/or stimulant and/or disinhibiting effect, and to seek dealing with sentimental breakthrough.

Psychiatry : A discipline at specific risk of mental health issues and addictive behavior ? Results from the national BOURBON study (2018)
Addictive behaviorPsychiatristsOther interns
Current daily tobacco
smoking
31,5 %19,5 %
Current cannabis use
disorder*
12,3 %5,2 %
Current alcohol use
disorder***
40,7 %32,9 %
Current alcohol dependency7,6 %6,5 %
Mental health status
Psychiatric follow-up35,4 %15,9 %
Anxiolytic consumption10,6 %6,1 %
Antidepressant consumption7,9 %2,3 %
Hypnotic consumption5,3 %4,1 %
Mood stabilizer consumption1,3 %0,6 %
Antipsychotic consumption0,7 %0,4 %
At least one daily
psychotropic consumption
7,9 %2,6 %
History of psychosocial risk factors during medical Studies
Sexual Assault3,3 %1,4 %
Domestic violence1,7 %1,8 %
Physical assault12,6 %6,9 %
Regular or Psychoactive substance experience during
medical studies
Ecstasy24,4 %17,0 %
Cocaine21,8 %12,4 %
Mushrooms16,5 %11,3 %
Amphetamine10,2 %5,6 %
LSD7,1 %3,9 %
Heroine0 %0,5 %
Ketamine5,6 %3,4 %

Les étudiants consomment leurs drogues principalement à l’occasion de leurs « fêtes ». L’étude ne dit rien du lieu des agressions sexuelles. Par contre elle ne se gêne pas pour accuser les personnes psychiatrisées d’agresser les internes de psychiatrie à l’hôpital.

La vérité est que les étudiants de médecine, en particulier les étudiants de psychiatrie, sont non seulement soumis à l’autorité bureaucratique de l’université et de l’hôpital, non seulement corrompus par l’éducation de l’industrie pharmaceutique, mais ils sont aussi impliqués dans des « rites de passage » d’une brutalité inouïe et connectés à la mafia à titre de petits trafiquants de rue et de consommateurs de drogues.

Comment peut-on tolérer que de pareils étudiants obtiennent leur diplôme et exercent la médecine ? Où sont les contrôles ? Les chefs des facs sont eux-mêmes passés par le bizutage, et se contentent du strict minimum pour préserver les apparences. Nous voulons des contrôles anti-drogues dans les universités ! Nous voulons la répression.

Regardez-le donc ce beau psychiatre français, gardien de la « santé mentale » ! Si ça se trouve, il léchait des têtes de cerfs morts et se roulait dans les excréments pour faire plaisir à ses petits camarades. Il a au moins 2 chances sur 5 qu’il ait eu une consommation problématique d’alcool. Il vous explique doctement que la consommation de drogue, c’est « mal », mais il ne vous parle pas de ce qu’il s’est foutu dans le crâne pendant ses études ! Il doit vous retenir, il doit vous droguer de force parce que vous avez eu un comportement « anormal » !

Une éducation violente implique un comportement violent. La médecine est entourée d’une aura de respectabilité qu’elle ne mérite pas. La psychiatrie a toujours été méprisée, mais elle essaie d’atteindre le même niveau de respectabilité par l’œuvre de la propagande.

La toxicomanie légale et illégale est l’œuvre d’une société décadente qui mérite d’être nettoyée.

Neuroleptiques: l’enfer artificiel

Dans une étude sur l’évolution de l’intelligence sous neuroleptique, Veselinovic a évalué à la fois les résultats objectifs et le ressenti subjectif des cobayes.

C’était une étude à court terme, sur des sujets non-diagnostiqués, prenant des neuroleptiques pendant 8 jours.

Voici la description de l’évaluation subjective:

« Dans le but de prendre en compte les facteurs subjectifs influençant potentiellement les performances cognitives, une échelle analogique visuelle (VAS) a été appliquée. Il s’agit d’une méthode couramment utilisée pour évaluer simplement des scores subjectifs en recherche et en milieu clinique (Marsh-Richard et al., 2009). Habituellement, un VAS est une ligne droite horizontale de 100 mm. Ses extrémités sont étiquetées comme les limites extrêmes de la sensation, du sentiment ou de la réponse à mesurer. Un VAS est noté en mesurant la distance, généralement en millimètres, d’une extrémité de l’échelle à la marque laissée par le sujet sur la ligne. Dans notre étude, les participants ont été invités à évaluer leur niveau de fatigue (entre «pas du tout» et «le pire que je puisse imaginer»), leur capacité à se concentrer, leur bien-être général, leur motivation et leur capacité à effectuer n’importe quelle type d’activité (entre «le pire que je puisse imaginé» et «le mieux que je puisse imaginer»). Les échelles ont été appliquées quatre fois: au jour 0 (avant la première prise de médicament), au jour 5, au jour 8 (24 heures après la dernière prise de médicament, avec une tolérance autorisée de 2 heures) et au jour 15 (7 jours après la dernière prise de médicament). »

Voici quels furent les résultats:

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On observe une dégradation de tous les facteurs dans les groupes neuroleptiques pendant la prise du médicament, et un retour à la normal après à l’arrêt, d’approximativement 30 points.

Veselinović, T., Schorn, H., Vernaleken, I. B., Hiemke, C., Zernig, G., Gur, R., & Gründer, G. (2013). Effects of antipsychotic treatment on cognition in healthy subjects. Journal of psychopharmacology27(4), 374-385.

Inefficacité TOTALE des neuroleptiques en cas de confusion mentale (delirium)

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Un essai clinique financé par le NIH suggère de reconsidérer les stratégies actuelles de traitement de la confusion mentale.

Les patients gravement malades dans les unités de soins intensifs ne bénéficiaient pas de deux médicaments antipsychotiques utilisés pour traiter la confusion mentale, selon un vaste essai clinique financé par l’Institut national du vieillissement, qui fait partie des Instituts nationaux de la santé. L’équipe multi-sites qui a mené l’essai n’a trouvé aucune preuve qu’un traitement par un antipsychotique – halopéridol ou ziprasidone – affectait le délire, la survie, la durée des soins intensifs, le séjour à l’hôpital ou la sécurité. Les résultats de l’étude sur la modification de l’impact de la dysfonction neurologique associée aux unités de soins intensifs – États-Unis (MIND-États-Unis) ont été publiés en ligne le 22 octobre 2018 dans le New England Journal of Medicine.

«C’est une preuve concluante de ce que nous considérons comme un essai clinique de référence qui montre que ces deux antipsychotiques ne permettent pas de traiter la confusion mentale lors d’une maladie grave», a déclaré Marie A. Bernard, directrice adjointe de la NIA, «Les antipsychotiques ont souvent été utilisés traiter la confusion mentale. Les preuves issues de cette étude suggèrent la nécessité de réexaminer cette pratique. » Bernard est également gériatre de la NIA.

La confusion mentale est une perturbation aiguë de l’attention et de la conscience avec des symptômes pouvant inclure une pensée et une agitation désorganisées. Plus de 7 millions d’Américains hospitalisés souffrent chaque année de confusion mentale. Il peut toucher des patients de tout âge, mais il est plus fréquent chez les personnes âgées atteintes d’une maladie grave – impliquant notamment un séjour en Unité de Soin Intensif (USI) – ou d’une intervention chirurgicale majeure.La confusion mentale est également associée à des coûts plus élevés en USI et à de multiples effets indésirables, tels que des séjours plus longs à l’hôpital, une déficience cognitive à long terme et le décès.

Les médicaments antipsychotiques ont été utilisés pendant 40 ans pour traiter la confusion mentale chez les patients en USI, sans que leur efficacité soit clairement comprise. Pour examiner la question du rapport bénéfice / risque de l’utilisation d’antipsychotiques pour le délire, les chercheurs de MIND USA, dirigés par E. Wesley Ely, MD, MPH, professeur de médecine au Vanderbilt University Medical Center de Nashville (Tennessee), directeur adjoint de la recherche pour le centre clinique d’éducation à la recherche gériatrique VA et codirecteur du centre CIBS (maladies graves, dysfonctionnement cérébral et survie) a examiné près de 21 000 patients dans 16 centres médicaux américains. Sur les 1 183 patients inscrits sous ventilation mécanique ou en état de choc, 566 sont devenus délirants et ont été randomisés en trois groupes: ceux qui ont reçu de l’halopéridol, de la ziprasidone ou un placebo (solution saline) par voie intraveineuse.

Les chercheurs n’ont trouvé aucune différence significative dans la durée du délire ou du coma chez les participants prenant de l’halopéridol ou de la ziprasidone par rapport au placebo. De même, il n’y avait pas de différence significative entre les participants sous antipsychotiques par rapport au placebo en termes de mortalité à 30 et 90 jours ou de durée sous ventilateur, en USI et à l’hôpital.

La population de l’étude comprenait des participants avec un large éventail d’âges, de conditions et de diagnostics d’admission. Dans l’ensemble, ils avaient un taux de survie à 30 jours de 73% et un taux de survie à 90 jours de 64%, ce qui reflète la nature grave de leur maladie. L’équipe de recherche n’a également trouvé aucune preuve de dommages majeurs causés par les antipsychotiques, mais elle a pris note d’autres recherches suggérant des préoccupations en matière de sécurité, y compris une augmentation de la mortalité, associées à l’utilisation d’antipsychotiques dans des populations gériatriques non soumises à une USI.

« Cette recherche s’ajoute à d’autres études importantes sur la confusion mentale, montrant qu’il est clairement nécessaire d’améliorer le traitement et la gestion de cette affection complexe », a déclaré Molly Wagster, Ph.D. chef de la branche des neurosciences du comportement et des systèmes de la division des neurosciences de la NIA. « Les grands essais randomisés comme celui-ci peuvent informer les cliniciens et aider à orienter les soins. »

Les chercheurs de MIND USA ont noté certaines preuves selon lesquelles des médicaments tels que la dexmédétomidine ou la mélatonine, étudiés dans le cadre de subventions octroyées par la NIA à d’autres chercheurs ( AG053582 et AG050850 ), peuvent réduire à la fois la prévalence et la durée de la confusion mentale. Les auteurs ont souligné que la réduction de la sursédation et l’amélioration de la mobilité précoce constituaient une autre stratégie.

Source: Common use of antipsychotics shown ineffective for delirium in intensive care patients

Selon l’OMS, 31% des étudiants sont des malades mentaux

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Où s’arrêtera la folie psychiatrique? Selon une étude de l’OMS publiée dans le Journal de la Psychologie Anormale, 31% des étudiants sondés étaient des malades mentaux au moins une fois au cours des 12 derniers mois.

Cette prévalence extraordinaire nous fait poser la question: pourquoi pas 50%? Ou même 100%?

Depuis que l’OMS a intégré la psychiatrie à l’ordre du jour, les maladies mentales sont régulièrement la préoccupation n° 1 de l’organisation, avec à l’appui des chiffres complètement fantaisistes fournis par des psychiatres non moins fantaisistes.

Les budgets suivront, et bientôt nous aurons plus d’argent pour les anxiolytiques, les antidépresseurs et les psychostimulants que pour les vrais médicaments qui soignent les maladies réelles comme les maladies infectieuses, les cancers ou les troubles cardiaques.

Nous nous dirigeons littéralement vers le Meilleur de Monde décrit par Aldous Huxley dans son roman, où une caste inférieure est droguée en permanence pour l’empêcher de se révolter, et que de manière générale, tout le monde, même la caste privilégiée, se drogue.

L’OMS se fait l’idiot utile et le complice de ce mouvement sinistre orchestré par l’industrie psychiatrique et pharmaceutique.

Existe-t-il une seule espèce animale dans laquelle un tiers des jeunes adultes se retrouve en état d’incapacité psychologique, et nécessite un traitement psychiatrique? Non, ça n’existe que chez l’humain, ça! Mais comment donc l’humanité survivait-elle lorsque la psychiatrie n’existait pas? C’est extraordinaire!

Mais jetez donc à la mer tous ces charlatans qui se prétendent docteurs! Ce n’est pas en mettant une blouse blanche à un trafiquant de drogue que vous le transformer subitement en personne honnête.

WHO World Mental Health Surveys International College Student Project: Prevalence and Distribution of Mental Disorders. (2018). Journal of Abnormal Psychology. (Link)